La pêche tunisienne vend plus qu’elle n’achète à l’étranger. Selon les chiffres de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), relayés le 24 septembre 2026 par La Presse et L’Économiste Maghrébin, la balance commerciale des produits de la mer affiche un excédent de 92,6 millions de dinars à fin juillet 2026.
Mais derrière ce bon chiffre, les recettes reculent et les pêcheurs parlent de coûts en forte hausse.
Au sommaire
- Ce qu’il faut savoir
- Où partent les produits tunisiens
- Ce que ça change pour les pêcheurs
- Questions fréquentes
Ce qu’il faut savoir
Sur les sept premiers mois de 2026, la Tunisie a exporté 18 400 tonnes de produits de la pêche, pour une valeur de 422,3 millions de dinars.
Dans le même temps, elle en a importé 47 200 tonnes, pour 329,7 millions de dinars. La différence donne l’excédent de 92,6 millions de dinars, avec un taux de couverture de 125 % : les ventes couvrent largement les achats.
Le détail est moins rose. Les recettes d’exportation baissent de 4,8 % sur un an. La raison principale : le prix moyen payé pour les produits tunisiens à l’étranger passe de 24,1 à 23 dinars le kilo, soit une baisse de 4,6 %.
À l’inverse, les importations augmentent de 2,8 % en volume et de 4,4 % en valeur.
Les chiffres clés (fin juillet 2026, source ONAGRI)
- 92,6 millions de dinars d’excédent commercial
- 125 % de taux de couverture
- 422,3 millions de dinars d’exportations (en baisse de 4,8 %)
- 23 dinars le kilo : prix moyen à l’export
- 6,97 dinars le kilo : prix moyen à l’import

Pourquoi le pays importe-t-il plus de tonnes qu’il n’en exporte, tout en gagnant de l’argent ? Parce que les produits ne sont pas les mêmes. La Tunisie vend des produits de valeur (poisson, crustacés, mollusques) et achète surtout des produits à bas prix.
Le prix moyen à l’import tourne autour de 7 dinars le kilo, trois fois moins qu’à l’export. Selon l’ONAGRI, 80 % des importations vont à l’industrie (conserveries surtout), 16 % au marché local et 4 % à l’engraissement.
Où partent les produits tunisiens
Le poisson représente plus de la moitié des volumes exportés. Viennent ensuite les conserves, puis les crustacés. Côté clients, l’Italie reste loin devant.
| Ce qui est exporté | Part des volumes | Principaux clients | Part des exportations |
|---|---|---|---|
| Poissons | 53,9 % | Italie | 34 % |
| Conserves et semi-conserves | 22,4 % | Espagne | 12 % |
| Crustacés | 19,9 % | Libye | 11 % |
| Mollusques | 3,6 % | Algérie et Malte | 9 % chacune |
La dépendance à quelques marchés proches est donc forte. Une baisse de la demande en Italie ou en Espagne se sent vite sur les quais tunisiens.

Ce que ça change pour les pêcheurs
Pour les professionnels, le bon chiffre national cache un quotidien plus difficile. Le 26 septembre 2026, La Presse a rapporté les propos de Saleh Cherif Eddine, président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Mahdia, sur Diwan FM. Il cite trois raisons au recul de l’activité :
- Le chalutage qui se multiplie, selon lui sans assez de contrôle.
- Moins de jours en mer : environ 100 jours de travail par an aujourd’hui, contre près de 180 avant, à cause de la météo et des coupures d’électricité.
- Des coûts qui s’envolent : carburant plus cher et matériel de pêche dont le prix a doublé.
Avec un prix de vente à l’export en baisse et des charges en hausse, la marge des armateurs se réduit. C’est pourquoi les solutions qui font baisser la facture de carburant intéressent de plus en plus les pêcheurs, comme les moteurs électriques solaires testés à Gabès.
Autre date à noter : le repos biologique de la pêche au chalut dans la zone n°3 (au sud de Ras Kaboudia) court du 1er juillet au 30 septembre 2026, selon l’arrêté signé le 19 juin et présenté par La Presse.
Les chalutiers de cette zone peuvent donc reprendre la mer à partir du 1er octobre. Cette pause vise à laisser les poissons, les crustacés et les mollusques se reproduire.
À retenir : la pêche tunisienne reste excédentaire, mais elle gagne moins par kilo vendu. Pour un pêcheur, un bateau sobre en carburant et bien entretenu compte plus que jamais.

Questions fréquentes
Qui publie ces chiffres ?
L’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), qui dépend du ministère de l’Agriculture. Il suit chaque mois le commerce extérieur des produits agricoles et de la pêche.
Pourquoi les recettes baissent si la Tunisie reste excédentaire ?
Parce que le prix moyen payé par les acheteurs étrangers a baissé de 4,6 % en un an. Les volumes vendus rapportent donc moins, alors que les achats à l’étranger coûtent un peu plus cher.
Quand les chalutiers du sud reprennent-ils la mer ?
Le repos biologique de la zone n°3 se termine le 30 septembre 2026. La reprise est possible à partir du 1er octobre, dans le respect des règles habituelles.
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Sources : La Presse de Tunisie (24 septembre 2026), L’Économiste Maghrébin (24 septembre 2026), La Presse de Tunisie (26 septembre 2026), La Presse de Tunisie (repos biologique 2026).

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