La charfia est une pêche traditionnelle des îles Kerkennah : des barrières de palmes plantées dans les hauts-fonds guident les poissons, poussés par la marée descendante, vers des pièges. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco en 2020, elle se pratique de l’automne au mois de juin. Voici comment elle fonctionne.
Au sommaire
- Le principe : une pêche passive
- Comment est construit le piège
- Saison, savoir-faire et transmission
- Une tradition reconnue par l’Unesco
- Naviguer à Kerkennah : les bons réflexes
- Questions fréquentes
- En résumé
Le principe : une pêche passive
Selon l’Unesco, la charfia est une technique de pêche traditionnelle qui exploite passivement les conditions hydrographiques, le relief marin et les ressources naturelles. Pas de moteur ni de filet traîné : c’est la mer qui fait le travail.
Les Kerkennah, au large de Sfax, sont entourées de hauts-fonds très étendus, dans le sud du pays où la marée se fait vraiment sentir. Quand la mer descend, les poissons suivent le courant. La charfia les canalise vers des chambres de capture d’où ils ne peuvent plus sortir.
Comment est construit le piège
Une charfia est une pêcherie fixe faite de palmes de palmier dattier plantées verticalement dans le fond. D’après l’article de Wikipédia qui lui est consacré, elle comprend plusieurs parties :
- une longue haie droite, appelée « rjel » (la jambe), d’environ 500 m ;
- deux ailes en V, d’environ 80 et 100 m, qui resserrent le passage ;
- un goulet, appelé « bab » ou porte d’abondance ;
- un enclos, la « dar » ou maison, où les poissons se retrouvent piégés à marée basse dans des nasses en alfa, les « drinas ».
On y prend des poissons, mais aussi des poulpes, des seiches et des calmars. Chaque année, la reconstruction du piège s’accompagne de moments partagés, comme un repas ou une prière, raconte le site Kapitalis.
Saison, savoir-faire et transmission
La charfia est installée et utilisée entre l’équinoxe d’automne et le mois de juin. Cette pause estivale laisse la faune marine se régénérer.
La technique demande une excellente connaissance des fonds et des courants, souligne l’Unesco. La plupart des habitants apprennent à pêcher dès leur plus jeune âge, et il est courant qu’un raïs transmette sa pêcherie à son fils aîné.
Selon Wikipédia, les Kerkenniens contrôlent environ 500 pêcheries, qui peuvent être héritées, vendues ou mises en location aux enchères chaque année.
Une pêche sobre et durable
La charfia ne consomme ni carburant ni électricité : elle utilise la marée, les courants et des matériaux locaux, les palmes et l’alfa. La pause de l’été, voulue pour laisser la faune se régénérer, fait partie de la tradition.
C’est l’une des raisons pour lesquelles elle est souvent citée en exemple de pêche respectueuse de la mer, à côté des méthodes plus intensives.
À retenir : la charfia est une pêche fixe et passive, faite de palmes plantées dans les hauts-fonds, qui utilise la marée pour piéger les poissons. Pratiquée de l’automne à juin, elle est inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2020.
Une tradition reconnue par l’Unesco
En 2020, la pêche à la charfiya des îles Kerkennah a été inscrite sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La même année, le couscous a aussi été inscrit, dans une candidature commune à plusieurs pays du Maghreb.
Selon Wikipédia, la technique remonterait à l’époque punique. Elle fait aujourd’hui partie de l’identité de l’archipel, au même titre que ses paysages plats et ses bateaux traditionnels.
L’inscription engage aussi à transmettre ce savoir. L’Unesco note que des centres de formation professionnelle complètent l’apprentissage en famille, pour que les jeunes pêcheurs continuent à monter et à entretenir les pièges.
Naviguer à Kerkennah : les bons réflexes
Si vous allez à Kerkennah en bateau, gardez en tête que les fonds y sont faibles sur de grandes distances, et que les charfias occupent une partie du plan d’eau.
- Repérez les alignements de palmes et passez au large : ce sont des pêcheries privées.
- Surveillez la marée et la profondeur, surtout à marée basse.
- Préférez un bateau à faible tirant d’eau, et naviguez de jour.
- Demandez conseil aux pêcheurs du port : ils connaissent les passages.
Pour préparer votre sortie, lisez notre article sur les îles tunisiennes en bateau et notre guide des spots de navigation en Tunisie.
Pêcher en loisir près des charfias
Les charfias sont des pêcheries privées, louées ou héritées. Ne prélevez jamais rien dans un piège et ne vous amarrez pas aux palmes. Pour la pêche de loisir, renseignez-vous sur les règles en vigueur auprès des autorités de la pêche avant de sortir.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que la charfia ?
Une pêcherie fixe des îles Kerkennah, faite de haies de palmes plantées dans les hauts-fonds, qui guident les poissons vers des pièges avec la marée descendante.
Quand la charfia a-t-elle été inscrite à l’Unesco ?
En 2020, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Quelle est la saison de la charfia ?
De l’équinoxe d’automne jusqu’au mois de juin. L’été, les pièges sont retirés pour laisser la faune se régénérer.
Que pêche-t-on avec la charfia ?
Des poissons, mais aussi des poulpes, des seiches et des calmars.
En résumé
La charfia de Kerkennah est une pêche fixe, durable et très ancienne, reconnue par l’Unesco en 2020. En bateau dans l’archipel, respectez les pêcheries, surveillez la marée et choisissez un faible tirant d’eau.
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Photo : Skander zarrad, licence CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
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